MichelStrauss

De notre voyage européen engagé depuis déjà un certain nombre d’années, nous nous sommes aperçu qu’il manquait tout de même un peu de soleil. C’est probablement après avoir traversé l’hiver dernier, particulièrement froid, que notre imagination s’est portée vers les rivages de la Méditerranée.

Si la Méditerranée fait écho à l’actualité d’un  monde tourmenté,  elle est aussi celle qui a nourri notre enfance par les récits des voyages d’Ulysse et de ses compagnons. Au-delà de la Grèce et de ses îles, ils les ont conduits sur l’ile de Djerba, puis dans la baie de Naples (épisode des cyclopes), vers le Vésuve ou l’Etna, l’ile d’Eole (peut-être Stromboli) et le nord de la Sardaigne mais encore à Capri, en Sicile (Hélios) jusqu’à Gibraltar (la nymphe Calypso). Et si nous nous attardons sur l’Italie, c’est pour nous donner l’occasion de  présenter cette année de superbes pages de la musique de chambre que l’on imagine plus en Austro-Hongrie, en France, ou en Europe de l’est.

 

Pour tout un chacun, l’Italie c’est le soleil, c’est le chant, c’est l’Opéra, c’est Monteverdi, ce sont les innombrables théâtres, maisons d’Opéra, académies, concerts prévus et imprévus. Venise est musique. Le peuple vénitien est tout entier musicien ou mélomane. La musique instrumentale est aussi représentée par de très nombreux compositeurs comme Locatelli, Gabrielli, Pergolesi, Scarlatti ou bien sûr Vivaldi  (17 et 18ème siècle).

Au 19ème, Paganini, Cherubini, Rossini et même Verdi se sont frottés à la musique de chambre et au quatuor à cordes. Quand ce ne sont pas eux, ce sont les grands compositeurs européens qui se précipitent à Venise ou dans d’autres parties de l’Italie. Hugo Wolf, Stravinsky, Tchaikovsky vont sur place s’imprégner de l’atmosphère des piazze, des ruelles, des canaux, des palais, de la mer. Wagner meurt à Venise.

Pour nos amis cinéphiles, nous n’oublierons pas Nino Rota et Ennio Morricone. Nous vous ferons probablement découvrir Alfredo Casella, compositeur du début du 20ème, ainsi que Gian Carlo Menotti, compagnon de Samuel Barber, qui lui a fait découvrir l’Italie et Capri. Pour une entrée en matière sur l’Italie, il y a pire ! Enfin, pour clore notre propos sur l’Italie, nous vous présenterons deux œuvres de notre collègue violoncelliste et compositeur Giovanni Sollima qui représente si bien l’imagination et le lyrisme Italien. La Méditerranée, c’est aussi l’Espagne, la France et… Camille Saint-Saëns.

Mais que vient faire ici Camille Saint-Saëns ? Camille Saint-Saëns, c’est la musique à Paris bien sûr, mais c’est aussi la musique sur le pourtour méditerranéen : Tunis, Le Caire Alger. Il cherche le soleil, la culture arabe, arabo-andalouse, égyptienne. Il meurt à Alger en 1921 après y avoir séjourné une bonne quinzaine de fois. Puis nous irons jusqu’en Grèce et  en Turquie. Si, juste entre nous, c’est un peu plus compliqué de trouver des œuvres de musique de chambre dans ces deux derniers pays, vous verrez que Iannis Xenakis s’y est essayé ainsi que le grand pianiste et compositeur turc Fazil Say.

Nous vous proposerons aussi quelques œuvres de musique baroque, car c’est vrai que Marin Marais et Corelli sonnent vraiment mieux sur viole de gambe ou clavecin plutôt que violoncelle et piano. Enfin, notre fidèle ami compositeur Laurent Duvilier-Wable nous offrira une œuvre originale composée pour notre jeune trio « violon, violoncelle et accordéon ». Belle découverte en perspective !

Alors, suivons  Ulysse et enlevons la cire de nos oreilles, cette cire que ses compagnons avaient mis pour éviter de succomber aux chants des sirènes ! Et faisons comme Ulysse qui  voulait entendre les sirènes, enchaîné qu’il était au mas de son navire…

Bon festival !!!

Michel Strauss
Directeur Artistique